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Il est venu de l’espace pour sauver la race humaine…
" Keys of life "
A-t-on peur de ce qu’on ne voit pas ? de ce qu’on ne contrôle pas ? Est-ce que la peur est irrationnelle ? C ‘est vrai après tout ! La peur dans le monde des adultes est irrationnelle. Elle est mal vue pas nombre d’entre eux. Peut être par peur de faire remonter d’anciens fantômes à la surface. Donc les adultes ont tout de même peur. La surface. Le normal. Le plat. Ce qui ne déborde pas et ne doit surtout pas déborder. Un contrôle de ses émotions. Tant d’enfants souffrent de la peur. Peut être que les enfants, eux, ont un sixième sens. Un sixième sens qui disparaît avec l’âge, la " maturité ". Et si ces peurs avaient une réelle cause ? Ca remettrait beaucoup de chose en question. Ne serait-ce que la neutralité de ce monde sans magie. Sans fantômes…
L’histoire suivante m’est arrivée. La peur, le frisson. Pour certains, la psychose. J’ai 22 ans maintenant. J’ ai peur. Je connais la vérité. Je sais la réalité. Elle m’est apparue nue si tôt.
Il est proche de moi, là maintenant…
Rares sont les personnes qui comprendrons ce que je vais vous raconter. Rares sont ceux qui partagent cette phobie là. A vrai dire, personne n’a jamais eu la même peur que moi. Une peur est déjà troublante lorsqu’elle est partagée mais quand on est seul face à elle, elle devient surdimensionnée.
C’est ce que je vis chaque jour depuis des années, avec, bien sûr, des variantes, des degrés différents face à lui. Celui qui hante mes nuits, mes cauchemars. Celui que j’ai stigmatisé comme étant le diable incarné, mon idée de la mort, celui qui viendra me dire en me regardant dans les yeux : " C’est la fin ".
J’ai toujours aimé la musique plus que tout. Tout mes plaisirs dépendent d’elle. Elle me nourri d’émotions multiples. Et il fallait bien qu’elle me nourrisse de la peur. J’ai fait la rencontre de Klaus Nomi dans une salle de classe. Lors d’un cour de musique auquel nous avions droit tout les trente six du mois. La professeur est arrivée et nous a donc préparé à cette écoute, cette écoute qui allait changer tout le restant de ma vie.
" Klaus Nomi était un chanteur de pop, avec une voix classique. Il est mort du sida dans les années 80. Il a chanté " The clod song " de Purcell et c’est cette chanson là que j’ai choisi de vous faire écouter aujourd’hui ".
Le clavecin et les cordes commençaient à venir, comme un frisson peut vous surprendre. Puis la voix, sa voix lancinante. Je ne comprenais rien. Un homme qui chante aigu, quelle ironie. Alors que dans nos jeux d’enfants le garçon devait être viril et qu’avec mes traits fins on m’insultai de fille manquée, l’incarnation vocal de ce que j’étais physiquement venait de se pointer à mes oreilles comme le plus beau des hasard et je riais. Je riais pendant l’écoute, après l’écoute dans la salle de classe et en sortant, dans les couloirs qui résonnaient, je reprenais cet air en riant, jusqu’au moment où mon institutrice, sans prendre conscience de qu’elle allait dire, me passa un savon mémorable :
" Pourquoi tu rigoles, Sylvain ?
-Ben, c’est trop drôle il chante comme une fille
-Moi je ne trouve pas ça drôle ! Cet homme est mort du sida, tu n’as rien compris ? C’est grave ! "
Depuis ce jour, je n’ai plus jamais rigolé de Klaus Nomi. Et ce fût même l’effet inverse…
Rentré chez moi, je me mis à parler du célèbre chanteur dont on m’avait fait l’éloge quelques heures plus tôt, à ma mère. Mais là, mince, je ne me souvenais plus de son nom. A ce moment là, je n’avais pas encore vu de photos de lui. Malheureusement, ma gentille maman connaissait très bien ce chanteur haute-contre.
" Ha ! mais c’est Klaus Nomi ! Il est mort du sida " comme si j’avais pas encore bien compris… " j’ai un CD, je vais te montrer ".
Elle mis " The cold song " sur la platine de mon père et me mis la pochette de l’album éponyme sous les yeux…
Horreur ! Je n’avais jamais vu pareil horreur. Il était au moment des faits déjà mort mais même avant que la vie ne lui réserve ce triste sort, il avait déjà l’air d’être un cadavre…
La machine était lancée pour de bon. Pour combien de temps, je n’peux toujours pas le dire au moment où j’écris mais ce qui était sûr, c’est qu’avec l’âge, je n’allait pas relativisé, bien au contraire, j’allais souffrir de plus en plus et de cette peur naissait peu à peu ma phobie.
Mes deux parents sont fans de musique, certains membres de ma famille aussi. C’est pourquoi les soirées à la maison se finissaient souvent avec la chaîne et ses enceintes qui nous braillaient du rock dans les oreilles pendant le dessert. Un soir, je n’peux pas être plus précis, je devais avoir huit ou neuf ans, mon oncle et sa femme venaient mangé à la maison comme ça arrivait de temps en temps le samedi. Ces repas se finissaient par un jeu de société le plus souvent. Mais ce soir là, mes parents cherchèrent à moucher ma tante qui ne jurait que par le classique en lui mettant du Klaus Nomi, car, il chantait dans un répertoire classique des chansons de pop. Elle fût étonné lors de l’écoute de certains titres, qui moi me mirent déjà bien mal à l’aise, puis ma mère souhaita passer à la vitesse supérieur.
Elle se dirigea vers la chaîne, mis entre ses doigts le bouton volume puis tourna vers la droite pour augmenter le son et appuya sur un bouton pour changer de piste et passer à " The cold song ". Dès les premiers accords, je fût dans tout mes états. Ma tante écoutait paisible comme tout le reste de la famille pendant que j’agonisait à entendre cet musique froide et glauque, une musique sortie d’outre-tombe ou venue tout droit de l’enfer. Je jetais discrètement un œil sur la pochette, comme si mon regard était aimanté indéniablement vers ce qui me terrorisait. Je le regardais alors dans les yeux pour le défier, mais dans le fond, je voyais bien qu’il me narguait de son œil injecté de sang. Ca aussi je le voyais, son œil rouge malgré le noir et blanc de la photo.
La chanson fût une vrai sinécure. Personne ne s’était aperçu de ma terreur. Mon oncle et ma tante allait partir. La maison se vida vite fait. J’étais seul à l’intérieur le temps que mes parents les accompagnent vers le portail. Ca ne dura que quelque minutes, mais ça me parût si long. Si longues ces minutes, si long ce couloir qui mène aux chambre, si sombres, il paraissait tout à coup sans fin, et je sentais du fond de ce tunnel une voix me dire " dans l’obscurité, tu ne me voix pas, mais tu peux me sentir, tu peux m’entendre, peut être un jour je me montrerai… ".
Je dû aller me coucher tant bien que mal. Cette nuit déclencha ce qui allait me poursuivre à tout jamais. Le souffle que j’entends au dessus de ma tête quand je me couche, le souffle que je sens dans ma nuque.
Une lente respiration.
Je m’endormi et eu hâte de me relever, au grand jour, loin de la nuit que je venais de passer contre mon grès. |